Suicide d’un cadre de santé du CH de St Calais : Trop, c’est trop !

Le 6 juillet 2016, un cadre de santé du CH de Saint Calais s’est suicidé.

Cet agent était en charge des infirmiers et aide- soignants dans cet établissement qui emploie plus de 400 agents.
Dans des courriers envoyés à la direction du centre hospitalier ainsi qu’à l’ARS et à sa famille, ce salarié mettrait directement en cause la direction de l’établissement.

Philippe Keravec représentant CGT du Centre hospitalier du Mans. « Sa famille m’a fait lire le courrier adressé également à l’Agence régionale de santé, où il dit ouvertement qu’il tient responsable de son suicide une partie de la direction du centre hospitalier de Saint-Calais ». L’homme qui avait brillamment réussi le concours de cadre de santé  décrirait ensuite les causes qui l’ont poussé à se suicider. Selon le syndicaliste il avait écrit : « Vous me demandez de maltraiter mes collègues et ça, ça ne peut pas se concevoir dans les valeurs que je défends ».

Le suicide serait lié à un isolement de l’agent dans le cadre de ses fonctions et d’éventuelles pressions de la part de la hiérarchie.

La CGT tient à apporter tout son soutien à la famille. Elle se tient à ses côtés dans l’attente des conclusions de  l’enquête de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales).

Sans présumer des conclusions de l’enquête, la CGT trouve insupportable qu’un salarié puisse mettre fin à ses jours à cause de son travail.

Ce drame a mis en émoi les salariés de cet établissement.La CGT qui n’est pas organisée dans cet établissement a, malgré tout, rencontré les agents du CH de St Calais pour leur apporter tout son soutien. La souffrance est réellement perçue et nous avons invité les agents à s’exprimer et à dénoncer toutes les pressions, méthodes, pratiques qu’ils ont eu à subir dans leur travail.

Devant cette situation et les divers témoignages et interpellations de la part des salariés, la CGT a rendu public cet épisode dramatique, en accord avec la famille du défunt, parce qu’il n’est plus supportable que de telles pratiques managériales perdurent et que les salariés continuent de se taire par peur de représailles.

Selon la CGT « Le  mal-être des personnels et les difficultés rencontrées dans leur travail sont bien connus. « en effet l’organisation syndicale a déjà  été amené à dénoncer auprès des services de la DDASS, de l’époque et de la délégation territoriale ARS, les comportements de harcèlement de cette direction, le mal-être ressenti et les difficultés rencontrées par les salariés dans leur travail. Nous disposons de nombreux éléments matériels susceptibles d’être versés au dossier.
L’Inspection générale des affaires sociales (Igas), dans le cadre de ses compétences de contrôle, a débuté lundi 22 août une enquête au CH de Saint-Calais (Sarthe).

Le décret Groupement Hospitalier de Territoire , un recul social et démocratique!!

 

Le décret sur les Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) a été publié le 29 avril.

Capture d’écran 2016-05-11 à 20.10.49Une analyse a été réalisée de manière transversale au niveau fédéral.

En voici quelques éléments de conclusion …

C’est bien une restructuration en profondeur qui est décidée.

Certes les établissements demeurent mais les éléments stratégiques et de fonctionnement sont mutualisés sur l’établissement support du GHT … . Il ne reste plus d’autonomie de fonctionnement pour les établissements du GHT.

C’est un vrai recul démocratique avec une hyper concentration des pouvoirs sur le Directeur de l’établissement support choisi et en lien direct avec le DG de l’ARS qui valide les GHT … .

Il y a une réelle absence de contre-pouvoir institutionnel. Le contenu des postes des chefs d’établissements du GHT sera particulièrement allégé, quand à celui des adjoints encore plus! Cela aura de fait des conséquences pour les personnels des services administratifs, techniques, médico-techniques, sociaux et soignants des établissements du GHT.

C’est flagrant avec le traitement décidé pour les représentants du personnel non médical et sages-femmes. Par rapport aux principes de dialogue social construits depuis des années, à la production d’avis des représentants du personnel non médical et sages-femmes, ce texte est un recul considérable … . C’est le passage en force de la politique de santé en évinçant toute opposition potentielle … .

Le calendrier est particulièrement contraint. La mise en œuvre est prévue à marche forcée … . Beaucoup d’aspects seront « scellés » dans la convention constitutive des GHT… qui sera envoyée au DG de l’ARS pour le 1er juillet 2016…

La place des élu(e)s politiques a été maintenue en « affichage » mais dans une instance sans avis contradictoire que celui du directeur de l’établissement support du GHT… . Un vrai risque de l’instrumentalisation de l’avis des élu(e)s est à craindre … .

Les mutualisations sont organisées avec les pôles interétablissements en particulier pour les domaines de la biologie, de l’imagerie médicale et la pharmacie … .

Mais aussi les fonctions administratives et logistiques qui vont être directement impactées avec la logique des achats et la centralisation sur l’établissement support… Formation continue, qualité, achats, finances … .

Les établissements médico-sociaux sont aussi impactés puisque prévu dans le comité territorial des élu-e-s locaux.

D’autres textes sont en préparation : celui sur les conditions d’exercice des professionnels de santé au sein des pôles interéta- blissements… ceux des ordonnances en particulier celle modifiant les Groupement de Coopération Sanitaire (GCS)  …

Nous sommes donc bien dans une logique de passer de 1100 à 1200 établissements sanitaires et environ 900 médico-sociaux autonomes à une centaine de Groupement hospitaliers de territoire au plan national … . C’est une concentration d’une telle ampleur jamais opérée … .

DÉONTOLOGIE DES FONCTIONNAIRES : Danger Grave et Imminent !

Le 29 mars, une commission mixte paritaire composée de 7 députés et 7 sénateurs va tenter d’élaborer une nouvelle mouture de la loi dite « déontologie des fonctionnaires ».

Dans sa version adoptée par le Sénat, le 27 janvier dernier, cette loi comporte plusieurs mesures qui constituent des atteintes graves au statut général des fonctionnaires notamment :

 Instauration d’une obligation de dignité et d’une obligation de réserve pour tous les agents publics quel que soit leur grade ou fonction ;

  •  Restauration des 3 jours de carence sans traitement en cas d’arrêt maladie ;
  •  Création d’une sanction nouvelle dans la FPE et la FPH permettant la mise à pied sans traitement pour une durée de 3 jours, sans passage en conseil de discipline ;
  •  Réouverture des recrutements sous droit privé dans les GIP administratifs et du recours à l’intérim dans les trois versants ;

 Dans la Fonction publique territoriale, assouplissement des conditions de recrutement sous CDD, fin des dérogations à la règle des 1607 heures de travail annuel et révision à la baisse des mesures garantissant la transparence des recrutements sans concours.

Ce projet de loi, s’il était adopté en l’état, marquerait de profonds reculs pour tous les agents publics. C’est pourquoi nous vous invitons à interpeller les membres de la commission mixte paritaire pour qu’ils rejettent les dispositions rétrogrades qui ont été ajoutées au projet de loi.

 

La Croix-Rouge Française épinglée par l’Inspection du Travail

La Fédération CGT Santé et Action Sociale exige que la Croix Rouge Française applique sans aucune possibilité de dérogation le code du travail et la Convention Collective  qui régissent les salariés ( voir communiqué de la FD ci dessous).
Rappel des faits:
Un rapport de l’Inspection du travail pointe que La Croix Rouge Française s’est rendu coupable de  3800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 dans son siège parisien, parmi lesquelles:
  • dépassement du temps  de travail journalier (supérieur à dix heures)
  • dépassement de la durée maximum hebdomadaire (48 heures)
  • privation du repos quotidien minimal (soit onze heures entre deux périodes travaillées)

 La Croix-Rouge va devoir s’acquitter d’une amende de 2,8 millions d’euros pour non respect du  Code du Travail ainsi que 11 millions d’euros pour les heures supplémentaires et les indemnités destinées aux salariés. 

Communiqué de Presse de la FD Santé et Action Sociale

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